Coucou les hétéros

Ami.es hétéros et hétéras, il faut qu’on discute.

En fait, non, je déconne, on va pas discuter, vous allez juste m’écouter. Il ne vous a pas échappé qu’un discours nauséabond revient depuis le début des primaires de la droite, et des tombereaux de merde commencent à se déverser depuis le succès de Fillon au premier tour des primaires. De quoi faire oublier l’échec de la pauvrette Manif Pour Tous d’octobre dernier.

On revient nous péter les couilles (et les ovaires) parce que des maires “Les Républicains” à Angers, Aulnay, Compiègne considère que des mecs qui s’enlacent c’est dégueulasse. Une copine de Fillon, députée d’Ille-et-Vilaine et amputée de le décence, nous ressort les vieilles lubies Thatchériennes “d’incitation à l’homosexualité” pour justifier la décision des maires Républicains de retirer ces affiches.

Affiches campagne Sida

La polémique issue des affiches de la dernière campagne sur la prévention du Sida a ravivé de nombreux débats à quelques jours du vote de la primaire de droite.

Alors, heureusement, on vous entend, vous les gentils hétéros, vous insurger contre ces décisions (ouais, parce que j’imagine que si tu es une des trois personne qui va lire ce post, c’est que tu es un.e ami.e et du coup tu peux pas vraiment être homophobe.) Vous commentez des publications Facebook, parfois même vous les partagez, et on (enfin, moi et quelques potes) trouve ça gentil. Sauf que…

Sauf que, parfois, on entend des paroles qui se veulent rassurantes: “C’est une minorité”, “ils sont tarés”, “nous on vous aime”. Alors ouais, les homophobes sont statistiquement une minorité. Enfin, les gens qui ont voté pour un mec qui était contre la dépénalisation de l’homosexualité commence à former une grosse minorité. Et quand bien même ils ne seraient que trois, tant qu’on leur donnera un forum public, le résultat sera le même: on entend plus les homophobes que les homos.

A mesure que ce discours prend de l’importance, on retrouve à se demander dans recoin de notre existence cette homophobie va se mettre à suinter. Est-ce que ce sera mon tonton qui va considérer que je suis un monstre qu’il ne faut pas montrer aux enfants ? Ou ma gentille collègue qui va un jour me confier que non, les gouines ça peut pas être des vraies mamans ? Ou peut-être le justicier bien intentionné sur internet qui va dire “non mais quand même, c’est bien de faire de la prévention mais ils auraient aussi pu y mettre des couples hétéros sur ces affiches” (car oui, en France, en 2016, l’invisibilisation de l’hétérosexualité est un vrai problème) ? Et même si c’est un couple de vieux que ne croiserai jamais qui déversent leur homophobie dans le micro d’un journaliste de BFM…

Partout, on donne la parole à des gens qui vont vomir sur nous, nos vies, nos familles, nos expériences et nos existences. On nous infligera l’exercice ridicule de la confrontation, ou des journalistes LGBT vont devoir aller se justifier devant des homophobes ! Non mais, imaginez le truc si on l’appliquait à d’autre minorité ! Comme si c’était à Christiane Taubira de prouver à la petite fille qu’elle n’est pas une “guenon” (tiens, ça se passait déjà à Angers….) Mesdames, vous qui savez à quel point il est dur de devoir justifier de son existence (en dehors du cadre dans lequel vous apprécient la plupart des hommes), je crois que vous voyez où je veux en venir.

On en a ras l’arc-en-ciel de devoir justifier nos existences. Au vingt-et-unième siècle putain ! C’est encore à NOUS de prouver que le discours d’en face est inacceptable. J’ai cherché des situations aussi absurdes, et franchement, à part la Républicain américaine qui a dû réfuter des accusations de sorcellerie et le premier ministre néo-zélandais qui a dû prouver qu’il n’était pas un reptilien, j’ai rien trouvé d’aussi débile.

Alors oui, c’est une minorité, mais c’est pas facile pour nous de relativiser quand des gens qui haïssent notre simple existence sont portés sous les lumières médiatiques et que leur opinion est traitée comme légitime. Du coup, je dois bien vous avouer un truc: on le vit pas bien bien. Ouais, on a beau être des rainbow warriors en apparence, y a un moment où on ne peut pas non plus passer notre temps en croisade. Y a des moments où derrière notre apparence sereine voire combative, on a juste envie de pleurer. Ou de vomir. Ou les deux en même temps, même si c’est un peu sale. C’est un malaise qui ne disparaît jamais vraiment. Silver l’exprimait très bien lors des manifs de 2013, mais il ne s’est pas dissipé avec le passage du mariage pour tous

C’est chouette d’avoir des ami.es qui considère que l’homophobie est une sottise moyenâgeuse. Mais présentée ainsi, ça semble tellement ridicule de se faire nœud à l’estomac pour ça. Après tout, dire que l’homophobie est une idéologie périmée, ça revient un peu dire que de toute façon, ça finira par passer. Et en attendant, quoi ? On continue à laisser ces gens nier nos existences ? Enlever les affiches, nous effacer de le vue de tous sans avoir à nous jeter du haut d’une tour ou à nous passer au fusil mitrailleur dans un night-club.
Ah oui tiens, puisqu’on en est à parler de trauma, je dois vous avouer que pendant 3-4 jours après la tuerie d’Orlando, mon estomac n’acceptait pas plus d’un repas par jour et rendait le reste, et je chialais une demi-heure au coucher et une demi-heure au lever. Moi, Pitou ! Le mec qui porte des badges rainbow, qui est de toutes les manifs LGBTQ, membre d’assos, etc… Et je suis pas le seul. J’ai des ami.es LGBT, des personnes “fortes”, qui commencent à être prises d’angoisse. Pas juste une petite peur. Non, un truc qui s’accroche à l’estomac. La peur de devoir retourner dans le placard. De voir normalisée la haine de nous. De nous voir instrumentalisé.es par d’autres politicien.nes aussi rances que le clan Fillon.

Voilà. Je sais que c’est pas cool de te faire lire tout ça, parce que t’es un.e hétéro open. Mais faut que tu saches qu’on va pas aller très bien ces prochaines années. Et que l’homophobie, comme toute discrimination, ne peut ni ne doit être prise à la légère. Nous, on va essayer de pas se laisser abattre, mais il y a des jours où on aura juste envie de s’enfermer chez nous par peur du dehors. Alors il faudra être patient.e et nous laisser. Oui, on sait que vous, vous êtes pas comme eux. Mais même avec la plus grand empathie, vous aurez du mal (euphémisme) à ressentir qu’on peut ressentir en tant que LGBTQ.
Je sais, ça fais chier d’être assimilé.e à la masse débiloïde. Je vous rappelle que je suis de sexe et de genre masculin et que je suis donc considéré comme une menace par une immense majorité des femmes qui me croisent dans la rue. C’est chiant de devoir s’excuser pour les autres, mais je le fais – j’ai par exemple pris l’habitude de changer de trottoir quand je croise une femme seule la nuit pour ne pas être perçu comme une  menace. Dans l’idéal, j’aimerais pouvoir aller d’un point A à un point B par le chemin le plus court, mais bon… on ne vit pas dans une société idéale.

Alors pardon par avance si par moment on a besoin de s’éloigner dans un monde arc-en-ciel 100% safe. On vous aime quand même et on n’est jamais bien loin.

Des bisous à Sophie, qui m’a inspiré ce post. On s’en sortira, poulette 🙂
Il y aura sans doute un post plus spécifique sur la question des affiches dans les jours à venir.

 

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Commentaires, mon amour

Je dois avouer une passion secrète développée à l’issu d’un traumatisme dans l’enfance, lié à la découverte que ni la petite souris, ni le père Noel et ni GI joe ne sont réels. Pour affronter cette réalité terrible et vide de sens, et plutôt que de sombrer dans la drogue et l’alcool (1, parce que c’est trop mainstream, je veux dire aujourd’hui, qui n’a pas essayé le taz à 18 ans ? et 2 par ce que ma passion est moins chère), j’ai décidé de lire les commentaires Facebook des post du figaro.fr

C’est aussi utile que la drogue avec les mêmes effets négatifs sur l’organisme. Dernièrement, un article a été publié sur le site internet du groupe de presse. L’article fait référence à la célébration posthume d’un mariage entre deux hommes, qui est, selon le journal, citant la voix du Nord, le premier à unir deux hommes. Si la procédure en elle-même n’est pas banale (il faut une autorisation du président de la République, genre c’est pas le préfet quoi, c’est le mec encore au-dessus), elle s’inscrit dans le cadre général et assez classique des fictions juridiques telles que le droit en connaît par milliers.

Ce qui est plutôt marrant (je préfère le prendre comme ça), ce sont les commentaires générés par un acte qui me semble consacrer la puissance d’un amour que la mort ne saurait interrompre (genre en fait c’est plutôt positif, c’est pas un truc horrible, ou quoi, c’est une consolation dans le drame, un mouchoir que la République tend à celui ou à celle qui a perdu un proche). Je vous laisse vous marrer :

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Cet évènement qui appelle une certaine solennité (il y a tout de même un décédé dans l’histoire), provoque au choix :

  • deux blagues de très bon goût
  • des remarques homophobes
  • une remarque sans aucun rapport (mais ça, je sais pas comment l’expliquer, il y a des commentaires sans aucun rapport dans tous les articles de presse du monde entier, je pense à un complot ourdi par une secte secrète)
  • une réflexion sur les coqs ? là je suis désolé je vois pas, c’est pire que aucun rapport, c’est heu … ben je sais pas, ça n’a aucun sens.

J’ai choppé ça 5 minutes après la diffusion de l’article. Je ne doute pas que l’article sera enrichi de commentaires encore plus pertinents. Je me console en me disait que le tout premier commentaire laissé soit plutôt sympa.

Des bisous.

8 techniques pour rester abstinent afin de donner votre sang.

La nouvelle que l’on attendait tous est enfin tombée : les hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes (HSH pour les intimes du CHU) peuvent enfin donner leur sang et repartir d’une salle avec un homme dedans en suçant autre chose qu’un pénis. A nous les joies des dons du sang entre amis, en famille, sur le lieu de travail ou au carrefour de la grande place. On a tous voulu jouer les héros et enfin, ce rêve nous est accessible.

Malheureusement, cette opportunité est suspendue à une toute petite condition, genre toute petite, ridicule, une simple formalité : le don du sang ne sera ouvert qu’aux homosexuels ayant vécu dans l’abstinence pendant 1 an. Ca peut sembler beaucoup, mais tout comme tu as arrêté les ceintures à boucles métalliques et les albums de lady gaga, tu vas pouvoir toi aussi devenir un citoyen comme les autres. Petit tour d’horizon des techniques brevetées par l’esa (ouais à la base je voulais dire NASA, mais je trouve que ça fait pas très patriote, donc maintenant je vais dire esa #arnaudmontebourg)

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Ta tête quand on t’a dit : “1 an d’abstinence”.

Technique numéro 1 : Etre moche.

N’en déplaise aux plus grandes blogueuses parisiennes, être moche vous protège durablement contre des relations sexuelles. Alors je sais, tout le monde n’a pas la chance d’être moche, je sais que certains sont favorisés par la nature et la génétique, mais on peut tous faire un effort et être moche.

Technique numéro 2 : rentrer dans les ordres.

Il parait que les sœurs et les prêtres font un vœu de célibat (le truc ouff !!!) et de chasteté (c’est pas très clair) du coup, peut être que pour toi, jeune homosexuel désireux de donner ton sang, passer plusieurs années dans des centres de formation (on appelle ça le sacerdoce) avec que des garçons aussi jeunes que toi, à prier et méditer toute la journée durant, ça t’aidera à rester abstinent.

Technique numéro 3 : Porter une ceinture de chasteté et confier la clef à ton oncle raciste et homophobe.

La ceinture de chasteté reste le nec plus ultra de la protection contre les relations sexuelles et peuvent durablement vous aider dans votre quête du don du sang.

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Certains modèles offrent même une protection physique contre les agressions quotidiennes du monde extérieur.

Technique numéro 4 : se masturber plusieurs fois par jour.

Comme chacun sait, l’endurance a ses limites, normalement, au delà de 7 fois par jour, ça commence à devenir difficile de jouir et devrait vous faire passer l’envie de forniquer.

Technique numéro 5 : Vivre au pôle Nord

Il peut être judicieux de vous isoler du reste du monde et de ses tentations malignes. Un petit tour au pôle nord, ou dans la creuse ça marche aussi, vous permettrait de passer un an sans ressentir de besoin excessif.

Il n’est pas certain que toute tentation soit écartée.

Technique numéro 6 : obtenir une pénectomie.

Ce conseil est uniquement réservé aux 100% actif refusant toute intrusion dans leur anus. Sans pénis pas de relation sexuelle, pas de relation sexuelle, don du sang : YOUPI !

Technique numéro 7 : l’hypnose.

Tout le monde sait que l’on peut guérir de tous les maux grâce à un passage devant Messmer, l’illusionniste de tf1. Vous allez simplement lui ordonner de vous hypnotiser pour qu’à chaque fois que vous pensiez à quelque chose d’impur et de charnel, vous soyez obligé de vous rouler en boule et d’appeler votre maman. Comme ça, quoi qu’il arrive, votre tentation ne voudra même pas s’approcher de vous.

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L’hypnose réside dans le fait d’assortir ses bagues à ses yeux et au fond derrière soi… Hoooo Magie ! #Christinacordulaforever

Technique numéro 8 : Voyager dans le temps

Il suffit simplement que vous repartiez avant 1982, lorsque l’homosexualité était pénalisée. Ainsi, un petit séjour en prison, ou la menace de se faire tabasser par des agents de la marée-chaussée devraient vous faire passer l’envie d’introduire ou de vous faire introduire ! Et à vous le plaisir de donner son sang et de sauver des vies.

Voilà les amis, si avec ça vous êtes pas capable de relever le défi, je ne vois pas ce qu’il vous faut… Quelqu’un me suggère qu’il nous faut une loi crédible et qui nous traite pas comme de la merde … QUOI QUOI QUOI Vous réclamez une loi juste ??? Mais grands malheureux ! Pour qui vous prenez vous ? Des citoyens ????

Marchons !

Yo, un petit mot pour dire que Samedi c’est “l’Existrans, la marche des trans et des intersexes, et de celles et ceux qui la soutiennent” (pour les détails, par ici).

Je vous voir venir, vous là bas avec vos arguments : “Oui tu comprends Samedi, je dois voir choupidou d’amour ! On a prévu une après midi Poney Aquatique à Molitor ! Je dois faire des selfies à la dernière expo dadaïste post pré-moderne au palais de Tokyo, ou encore plus classique : Je peux pas, parce que ça ne me concerne pas !”

Et bien voilà Fifrelin ! Détrompe toi, cette marche, elle est pour tout le monde, elle est pour toi ! Les revendications des personnes qui vont marcher samedi ne s’arrêtent pas uniquement à la réforme des modalités administratives et médicales (enfin plus médicale, c’est un peu le gros enjeux), elles interrogent également la place des genre dans la société, elles interrogent le poids des normes sociales dans la définition des places que les gens doivent prendre en tant qu’individu.

Ces considérations ne doivent pour autant pas éclipser le lourd combat qui attend une partie de ces personnes. Le changement de sexe à l’état civil reste soumis à une procédure humiliante et portant atteinte à la dignité humaine. Cette démédicalisation est largement possible et soutenue par certains institutions. Mais le rapport, à la fois humain et rationnel (ici), n’a pas réussi à convaincre le gouvernement (qui encore en difficulté, n’a peut être pas le courage d’affronter à nouveau la facho-sphère sur un sujet plus controversé que le mariage ouvert à tous).

Pour bien appuyer mes propos, j’ai suivi les techniques avancées de communication développées par les professionnels de la “philosophie 2.0” (pour explication). A partager sur vos réseaux sociaux :

s1.qwantpontont

Dans tous les cas, marcher c’est un début, et ça n’est que ça. Chaque jour, dans l’entreprise, dans la publicité, dans les ménages, les personnes sont rangées dans une catégorie sociale du fait de leur genre et sans tenir compte de ce que ces personnes veulent eux, en tant qu’humain. C’est non seulement aliénant, mais surtout violent, une violence silencieuse et institutionnalisée, ce qui n’est pas sans conséquence sur l’apparente légitimité des personnes issues de la facho-sphère.

Donc certes, samedi tu viens marcher, mais en plus quand tu iras le soir dans un bar branché pour boire un cocktail hors de prix en racontant à tout le monde ta B.A. en mode : ouais mais tu vois, ces gens ils sont au delà des carcans imposés par la société capitaliste post moderne dominé par les conflits civilisationnels/religieux/lahorde-l’alliance, MAIS SURTOUT du diras que dans la vie, ce qui compte ce n’est pas ce qu’on est, c’est ce qu’on veut être ❤

Des bisous,

Tristesse du porno hétéro

La publication dans le très sérieux The Economist d’un graphique concernant le trafic du site de partage de vidéos X PornHub m’a plongé dans le désarroi.

Avant de tirer des conclusions hâtives, je suis quand même allé voir le site en question. Premier constat: il n’existe qu’une catégorie: “straight”.  Bizarrement “lesbian” et “gay” sont des sous-catégories au même titre que “British”, “orgy” ou “red-head”. Ce qui peut être gênant si vous êtes une femme qui aime faire des parties a plusieurs avec des rousses britanniques. Ce qui est encore plus gênant en cela que ça suggère que les homosexualités ne sont qu’un “fétiche” parmi tant d’autres et qu’elles ne possèdent pas la même diversité que les pratiques hétéro (révélation: on pourrait vous apprendre des choses, beaucoup de choses.)

Bref, passons au graphique sur la fréquentation dudit site. La première chose qu’on remarque, ce qui semblerait corroborer mon hypothèse du public hétéro-masculin, c’est qu’à part en Russie, tous les termes de recherche utilisés concernent les femmes.
Et c’est là que ça ne devient pas joli…
Qu’est ce qu’une femme pour les utilisateur de pornhub ? Visiblement, une créature réduite à un aspect assez vague de sa personne selon son rapport au genre masculin. Notons par exemple qu’en Inde et au Japon, une femme n’est excitante que si elle est mariée. Dans d’autres pays, on ne cherche pas une “femme mûre” mais une “maman” (avouons par esprit d’équité que la même dérive existe dans le porno gay qui affuble souvent de manière très ridicule le terme de “daddy” pour les hommes de quarante ans et plus.)
Et finalement, même quand on retire les hommes de l’équation, on retombe dans la misogynie de base. Car finalement, quand un américain ou un britannique cherche du porno “lesbien” (notez les GROS guillemets hein, parce que du vrai porno lesbien risquerait d’en dérouter pas mal…) ce n’est ni plus ni moins qu’une manière de se ré-approprier une sexualité dont ils ont été exclus. On mets en scène une sexualité exclusivement féminine  pour satisfaire le désir de l’homme. Décidément, la femme comme objet de consommation, on ne s’en sort pas.
Maintenant, passons au cas français… AHEM. Ça ne dérange personne ce colonialisme sexuel où l’on se tripote la nouille sur des femmes d’une origine étrangère imprécise ? Ces femmes “qu’on” va ensuite vouloir passionnément libérer de “l’oppression masculine” que représente le voile ? (Ok, rien n’exclut que les hommes qui consomme ce genre de vidéo soient eux-mêmes issues des mêmes minorités que les femmes filmées, mais quand même…)

Alors non, je ne dis pas que le porno gay (comprenez par là le porno homomasculin, non le porno lesbien que je ne connais pas) se porte beaucoup mieux. D’ailleurs, on peut le déplorer: que des studios entiers joue le jeu de la “racialisation” (coucou Citébeur), ou qu’on nous colle des vidéos de “daddy” (rigolo quand on voit la difficulté pour un homo à devenir papa)… Mais dans l’ensemble, j’ai l’impression qu’on s’en sort quand même mieux: même si les sites équivalents continue de proposer des catégorisation par appartenance ethnique ou par âge, on retrouve quand même parfois un joyeux mélange de travestis, d’hommes forts, de pratiques fétichistes et de vidéos plus mainstream mettant en scène des jocks musclés et lisses. (Certes, on risque difficilement de rencontrer des problèmes de misogynie dans le porno gay 😛 )

Enfin, un dernier point: et les hétéras dans tout ça ? J’ai remarqué sur PornHub une rubrique “for women”. Et là, bizarrement, j’ai retrouvé le même genre de vidéos que dans leur catégories “normales”… Bref, ça regarde quoi comme porn une femme qui aime les hommes ?

Bref, la prochaine fois que vous allez sur un site de boules, masturbez-vous éthique !

Noël à droite.

D’habitude, quand je reçois le journal du conseil municipal, je le bazarde sans même le regarder. Aujourd’hui n’étant pas fait comme les autres jours, mon œil a été attiré par le gros “N°03” sur la couverture.

“Quand même, me dis-je, interloqué, cela fait trois ans que j’habite l’arrondissement et que je reçois le journal du quartier”. Puis la couleur de la couverture m’attire l’oeil: du bleu, du bleu partout. Même la photo est bleue. Tiens tiens tiens. En première page, les vœux d’une dame dont le nom me dit vaguement quelque chose… Sapristi mais c’est bien sûr ! La candidate UMP perdante aux dernières municipales. J’ai donc indubitablement affaire à un journal de droite… cette droite même qui critique les dépenses de l’argent publique mais trouve de quoi faire imprimer un journal de 16 pages, en couleur et sur papier glacé, pour le distribuer dans un arrondissement de 144 402 habitants (selon les chiffres de 2011.)

Passons sur les vœux de l’éconduite candidate et allons directement en page 04: “NE JAMAIS ACCEPTER UN MOYEN ORIENT SANS LES CHRÉTIENS.” La première préoccupation de l’opposition du 12e arrondissement est donc… le discours du patriarche de Constantinople et du Pape en Turquie fin novembre.

Deuxième article: “POINT SUR LA SÉCURITÉ”. Et là, c’est le drame: à cause d’une hausse de la délinquance de 0.55% dans l’arrondissement, on ne peut plus laisser sortir ses enfants. Solution proposée ? Les caméras de sécurité évidemment ! Alors que la gauche “préfère s’illusionner sur les effets de la prévention.” Effectivement, il est plus intelligent de réprimer.

On passe ensuite à la levée de bouclier contre les logement sociaux, et on souligne le besoin de logement sociaux “privés” pour les “classes moyennes.” On se rappellera qu’à droite, le pauvre n’existe pas, et s’il existe c’est de sa faute car il n’a pas su tirer partir de la conjoncture économique favorable et de l’idyllique plein emploi qui règne en France, on va pas non plus l’encourager dans son assistanat, hein !

On tourne alors la page pour découvrir un entretien avec NKM qui nous parle de pollution (rappelez vous, elle est écolo, prend le métro et a même “des moments de grâce sur la ligne 13“.) La fin de l’entretien permet de passer presque habillement à l’article suivant: interdire l’ouverture le dimanche est une atteinte à la liberté individuelle des commerçants (faudrait peut-être en parler à la LDH ?)

Mais attention, être de droite ne veut pas dire tourner le dos à la solidarité. Le journal se fend donc d’un encart ventant le travail de la parois de l’Immaculée Conception. C’est vrai, c’est pas comme s’il y avait trois centres sociaux municipaux (et donc laïcs) dans le 12e.

Finalement, c’est en fermant ce journal que j’en trouve peut-être le seul point positif. Au moins, il se recycle.